Sites pédophiles: le filtrage en question

Dans les pays anglo-saxons, à l’exception notable de l’Australie, les gouvernements ont fait le choix de ne pas passer par une loi imposant le filtrage, mais de conclure des accords avec les FAI, sur la base du « volontariat ». Au Canada, par exemple, les principaux fournisseurs d’accès à Internet ont volontairement mis en place un tel système en 2006. D’après la Fédération française des télécom (FFT), « la liste noire est établie selon des critères et un processus rigoureux ».

« Elle contient exclusivement les URL des sites contenant des images d’abus sur enfants en représentation évidente et délibérée, et que deux analystes au moins ont revues et validées avant soumission », selon la FFT…./…

pedopornographie-blocage

Les services des douanes américaines (US Immigration and Customs Enforcement's (ICE) & Homeland Security Investigations (HSI)) ont une nouvelle fois tenté de bloquer plusieurs noms de domaine

Pour British Telecom, le principal fournisseur d’accès britannique, le principe du filtrage volontaire est sain « tant qu’il permet de protéger les enfants et les personnes vulnérables d’accéder à des contenus dangereux ». Dès 2004, deux ans avant la généralisation du filtrage volontaire, British Telecom avait lancé son propre système de blocage des sites pédopornographiques, baptisé « clean feed ». Pas question en revanche d’aller plus loin pour le fournisseur d’accès : « British Telecom n’a absolument pas le droit de censurer des contenus qui sont légaux sur Internet », détaille un porte-parole de l’entreprise.

Devant ce qu’il estime être un succès, le gouvernement britannique envisage en effet de mettre en place un filtrage par défaut des sites Internet pornographiques légaux, ce qui n’est pas vraiment du goût des fournisseurs d’accès. « Les FAI ne veulent pas devoir dire à leurs clients qu’ils doivent passer un coup de fil pour dire ‘hé, je veux pouvoir consulter des sites pornos' », s’amuse Loz Kaye. « L’enfer est pavé de bonnes intentions : lorsque vous donnez un tel pouvoir à un gouvernement, il voudra l’utiliser pour d’autres types de contenus. »

Voir : Contre les sites pédopornographiques, des politiques tâtonnantes

Aux Etats Unis la diffusion d’images de pédopornographie constitue un crime fédéral, sanctionné jusqu’à 30 ans de prison et 250 000 dollars d’amende. On imagine sans mal l’effet dévastateur en termes de réputation pour les titulaires tout comme pour les internautes qui seraient surpris à fréquenter de tels sites ainsi accusés.

L’explication ? l’un des dix domaines saisis, mooo.com est rattaché au fournisseur de DNS FreeDNS, et est utilisé par 84 000 sous-domaines (****.mooo.com). Du coup, ce sont autant de sites qui ont été faussement accusés de diffuser des contenus pédopornographiques.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :